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ELVIS

Sarajevo 1993 - 1994

Un Film de Jean-Christian Bourcart et Alain Duplantier

Réalisateur: Jean-Christian Bourcart & Alain Duplantier

avec: 

Zan Marolt, Elvedina Dzeko, Izudin Bajrovic, Selma Kapo, Mirjana Jamakosmanovic, Sabahudin Pitic, Sead Bejtovic, Marko Vesovic, Ijubica Znidaric, Mladen Popovic, Drago Buka, Pladen Knezevic.

avec la collaboration de:

Dylan Doyle, Ludovic Carème, Antoine Moreau, Jean-Marc Schick, Stanislava Pijunovic, Mladen Popovic, Nejra Baralic et Bertrand Faivre et le soutien de Bertrand Faivre, Agnes B, Fuji, Elison, Alga, les Labos de Bry, Duran, les Télécréateurs, Remanences, l'Atelier Sonore, Telcipro, Titra-Films.

En 1991, les Serbes ont engagé une guerre civile en Yougoslavie, visant à éliminer ou à faire fuir tous ceux qui n'étaient pas des leurs. Ils ont appelé cela nettoyage ethnique et pendant quatre années, le reste du monde a assisté à l'effroyable retour des massacres collectifs, des viols systématiques et des camps de tortures sur le sol européen.

En décembre 1993, quatre Français se faisant passer pour des journalistes en mission, pénètrérent dans Sarajevo assiégée et proposèrent aux habitants de tourner un film avec eux. Il s'agissait, sous couvert de la fiction de retranscrire quelque chose des destins ravagés : comment vivre quand on veut votre disparition, quand on veut briser votre esprit autant que votre corps, quand votre volonté n'a plus d'influence sur ce qui vous arrive.

 

Synopsis :
Un homme en fuite, éreinté et blessé, se cache dans les ruines d'une ville assiégée. Aidé par une bande de gosses, il trouve refuge dans une chambre vide. Les occupants de l'immeuble viennent le questionner sur son identité et sur son passé. Ses explications restent évasives, et bientôt, l'immeuble bruisse de ragots concernant ce personnage qui dit s'appeler Elvis. Grâce à l'aide de Maya, une jeune fille qui s'éprend de lui, le sursis d'Elvis semble pouvoir se prolonger jusqu'à ce qu'on découvre qu'il n'est pas celui qu'il prétend être.

"Ce film à l'atmosphère de lendemain d'apocalypse force l'admiration." D.K. L'Express

"Ce film transpire le respect, le courage, la générosité et la dignité." Studio Magazine

"On en sort secoué, avec le sentiment d'avoir sauvé sa peau." Vincent Rémy Télérama

"Jean-Christian Bourcart et Alain Duplantier ont réalisé ici une oeuvre rare, à voir absoluent." Thomas Ordonneau Jalouse

"Une oeuvre brute et impressionnante par sa proximité." Vincent Ostria Les Inrockuptibles

"Fuir ou rester. Aux pires heures du siège de Sarajevo, les interrogations auxquelles se heurtaient les intellectuels et les artistes bosniaques se doublaient, pour les cinéastes, d'une interrogation vieille comme le cinéma : quelle image donner de la guerre ?

Curieusement, aux antipodes de toute introspection médiatico-narcissique, nous parvient aujourd'hui un film-ovni, tourné durant l'hiver 1993-1994. Tout y respire l'étrangeté, à commencer par le titre, Elvis ­ pourtant, Sarajevo n'est pas Memphis , et sa durée 1h05, format insolite au milieu des films fleuves que la gravité du sujet semble imposer. 
Etrange, aussi, le parcours de ses auteurs, deux photographes français, Jean-Christian Bourcart et Alain Duplantier, le premier avouant avec une belle lucidité : « Je voulais qu'il m'arrive enfin quelque chose d'important, aller vers l'horreur et la mort réelle pour fuir le vide effrayant de mon existence. » 

Mais le plus surprenant, c'est le sujet et la manière, qui font d'Elvis le film à la fois le plus « sarajévien » et le plus apatride de tous. Cet homme qui dévale les contreforts de la ville et reçoit une balle au milieu des carcasses d'immeubles, ces silhouettes et ces visages de survivants, ce sont des images qui nous sont familières. Ces voix sont bien de là-bas, et ces acteurs ont tout l'air d'être des habitants de Sarajevo qui se seraient trouvés embringués dans une fiction qui leur ressemble... 

De la même façon, l'histoire qui se dessine celle d'un homme qu'on surnomme Elvis, dont on devine qu'il a fui les rangs des assiégeants, tandis que ceux qui l'acceptent parmi eux s'interrogent sur son identité , avec ses agresseurs et ses agressés, « ressemble » à Sarajevo, chose que le film ne fait que suggérer, mais ne met pas en doute. 

Pourtant, insidieusement, ces images, qui donnent l'illusion d'être tournées de l'intérieur par des gens « de là-bas », perdent en route leur identité singulière : « J'en ai rien à foutre de vos drapeaux, de vos frontières, de vos religions. J'ai voulu sauver ma peau », dit Elvis. C'est un peu ce qui finit par arriver à ce film, dont « l'identité sarajévienne » se dilue dans un cauchemar intemporel et universel, le cauchemar de l'humanité tout entière, celui du Château, de Kafka. 

D'un monde cerné, réduit, fini. Elvis confie à un malade, sur sa chaise d'hôpital, le soin de faire savoir au monde « qu'il est vital de devenir fou ». Son message n'en est pas un : « Quand l'inhumain devient naturel, rester normal est un crime. » 
Appel à la déraison, contre toutes les raisons des fauteurs de guerre. On en sort secoué, soulagé de regagner l'air libre, avec le sentiment d'avoir sauvé sa peau. Mais aussi la conviction qu'il ne faudrait pas rester spectateur trop longtemps..."

Vincent Rémy, Télérama

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